Affaire Florence CASSEZ

News du 23/02/11
Les
juges auraient subit des pressions par la gouvernement
Florence Cassez Biographie et historique
des faits
Florence Marie Louise Cassez est née à
Lille. Elle est la fille de Bernard Cassez et de Charlotte
Crepin. En 2003, Florence Cassez quitte son emploi de
directrice d'une boutique Eurodif à Calais et se
rend au Mexique où son frère s'est installé
et a créé une entreprise d'équipement
médical.
Relation avec Israël Vallarta Cisneros.
En octobre 2004, Florence Cassez rencontre par l'intermédiaire
de son frère, Sébastien Cassez, Israël
Vallarta Cisneros. Il a reconnu dix enlèvements
et un meurtre et est présenté aujourd'hui
comme le kidnappeur en chef de la bande du « Zodiaque
» (« Los Zodiacos »). Elle le présente
à ses parents lors de leur visite au Mexique.
En avril 2005, Florence Cassez se sépare
d'Israël, retourne en France puis revient au Mexique
où elle vit chez Israël de septembre à
décembre.
Une arrestation controversée
Le 8 décembre 2005, considérée
comme la complice de Vallarta Cisneros, elle est arrêtée
sur une autoroute à une cinquantaine de kilomètres
de Mexico en compagnie d'Israël Vallarta Cisneros.
La police met en scène son arrestation pour deux
chaînes de télévision (TV Azteca et
Televisa) le matin du 9 décembre 2005 au ranch
d'Israël. La police fait passer auprès des
médias l'arrestation pour un flagrant délit
et une opération de sauvetage, trois personnes
kidnappées étant retrouvées sur les
lieux : Ezequiel Yadir Elizalde Flores, Cristina Ríos
Valladares et son fils âgé de 10 ans.
Le 11 février 2006, Florence Cassez
témoigne en direct de sa prison dans l'émission
Punto de Partida et dénonce le montage de son arrestation.
Genaro García Luna, directeur de l'Agence fédérale
d'investigation (AFI) à l'époque, reconnaît
en direct la mise en scène, s'en excuse et
ajoute qu'il s'agissait : « d'une reconstitution
demandée par les médias et que cet élément
ne sera pas pris en compte lors du procès de la
Française ».
Selon la loi mexicaine, Florence Cassez
aurait dû être présentée au
parquet dans les deux heures qui ont suivi sa véritable
arrestation.
L'accusation présente Florence
Cassez comme faisant partie de la bande du « Zodiaque
». Florence Cassez a été arrêtée
en compagnie d'Israël Vallarta Cisneros , chef de
cette bande de ravisseurs, qui était vraisemblablement
son concubin et avec lequel elle vivait depuis plusieurs
mois dans le ranch de Las Chinitas où se trouvaient,
selon l'accusation, les kidnappés.
Des trois personnes kidnappées retrouvées
sur les lieux, Ezequiel reconnaît Florence Cassez
lors des confrontations, les deux autres victimes ne l'ont
reconnue qu'après son intervention télévisée
: ces victimes n'ont pas vu les visages de leurs ravisseurs,
qui se masquaient en leur présence, néanmoins
ils identifient formellement Florence Cassez par plusieurs
signes distinctifs, dont sa voix, son accent français,
sa peau et ses cheveux.
S'ajoute alors au dossier d'accusation le
témoignage de Cristina Ríos Valladares,
enlevée le 19 octobre 2005 avec son mari et leur
fils, et séquestrée avec son fils, pendant
52 jours, jusqu'au 9 décembre 2005. Le 13 juin
2008, Cristina Ríos Valladares publie un long témoignage
dans le quotidien La Jornada où elle déclare
que son fils et elle reconnaissent Florence Cassez comme
leur ravisseuse grâce à sa voix et son accent
et que cette dernière a extrait du sang de l'enfant
pour l'envoyer au père et a menacé la mère
de la tuer. Selon elle, l'effervescence médiatique
autour du cas de Florence Cassez met de nouveau en danger
sa famille.
En revanche le témoignage d'Ezequiel
est fragilisé quand il est établi que la
tache qu'il présentait comme preuve de l'administration
d'une piqûre par la Française s'avère
être une tache de naissance.
Depuis son arrestation, Florence Cassez
nie être la complice de Vallarta Cisneros, qui la
disculpe d'ailleurs. Selon elle, il était simple
revendeur de voitures et elle n'a jamais vu de personnes
séquestrées au ranch. Son avocat évoque
un montage dans lequel serait impliqué Eduardo
Margolis (qui aurait été en affaires avec
Vallarta avant d'entrer en conflit avec lui), une hypothèse
évoquée dans l'hebdomadaire mexicain d'investigation
Proceso.
Sa condamnation
À l'issue de 18 mois de procès de la première
audience le 15 février 2006 à octobre 2007,
Florence Cassez est condamnée le 25 avril 2008
à un total de 96 ans de prison : elle écope
de 4 fois 20 ans pour 4 enlèvements, 8 ans pour
association de malfaiteurs, 4 ans pour possession d'armes
et 4 ans pour possession de munitions.
Le 26 juin 2008, la Cour Suprême mexicaine
rejette le pourvoi de Florence Cassez pour des raisons
techniques car l'affaire a déjà été
examinée par un juge puis un tribunal.
Sur intervention de Nicolas Sarkozy, Me
Frank Berton, avocat dans l'affaire d'Outreau, est désigné
en 2008 par la justice française pour suivre ce
dossier.
Deuxième condamnation le 4 mars
2009, Florence Cassez obtient en appel une réduction
de sa peine de 96 à 60 ans d'emprisonnement, la
peine étant toujours fixée à 60 de
prison puisqu'il s'agit de la durée maximale d'emprisonnement
au Mexique.
Me Frank Berton accuse alors Genaro García
Luna, devenu depuis secrétaire de la sécurité
publique en décembre 2006, d'être à
l'origine de la condamnation de Florence Cassez car il
joue sa survie politique. Il incrimine la sur d'Israel
Vallarta d'être coauteur des enlèvements
et de ne pas être inquiétée par la
police mexicaine.
La France souhaite que Florence Cassez
soit rapatriée.
Le 9 mars 2009, les associations des familles
de victimes d'enlèvements disent vouloir que Florence
Cassez purge sa peine au Mexique. Le site Web sedcontra.fr
publie, dans son numéro 47 daté de mars
2009, une tribune d'Emmanuel Barbier, titrée «
Une manipulation exemplaire, cautionnée par le
Président », accusant la presse française
et le Président Sarkozy de soutenir Florence Cassez
malgré les éléments de culpabilité,
comme le témoignage de Cristina Ríos Valladares.
Le 9 mars 2009, en clôture de la visite
officielle du président français Nicolas
Sarkozy au Mexique, les présidents français
et mexicain (Felipe Calderón), donnent une conférence
de presse commune, comme il est habituel en pareil cas,
pour évoquer les questions bilatérales.
Ils annoncent notamment la création d'une «
commission binationale » (selon les termes employés
par les médias mexicains) ou « groupe de
travail juridique franco-mexicain » (selon les termes
employés par les médias français),
groupe qui, selon les termes employés par Nicolas
Sarkozy, « se donnera trois semaines pour trouver
une solution qui permette de préserver les intérêts
de la justice mexicaine, de la justice française,
les intérêts des victimes et le droit de
chacun, même s'il a été condamné,
à se voir respecter dans l'application des droits
qui sont les siens » et aura pour tâche d'examiner
la portée de la Convention sur le transfèrement
des personnes condamnées ouverte à la signature
à Strasbourg le 21 mars 1983.
Échec du transfert
Le 12 mars 2009, le président mexicain, Felipe
Calderón, assure, dans un entretien télévisé,
qu'il a demandé à Nicolas Sarkozy que la
France s'engage à ce que la peine infligée
à Florence Cassez par la justice mexicaine soit
effectivement purgée « J'ai dit clairement
au président Sarkozy que la France doit nous garantir
que cette femme ne profite pas de son transfert pour échapper
à l'action de la justice mexicaine »
et souligne qu'il n'existe aucune garantie, pour le moment,
qui justifierait que soit donnée l'autorisation
de transfert en France de Florence Cassez «
Tant que ces garanties n'existent pas, nous n'accorderons
évidemment pas cette autorisation (de transfèrement
en France) ».
Le 12 avril 2009, l'avocat de Florence Cassez
déclare qu'il est prêt à demander
à la France de saisir la Cour internationale de
justice (CIJ) à La Haye si le Mexique refusait
le transfert de sa cliente, prévu selon lui par
une convention internationale.
Le 23 juin 2009, Felipe Calderon annonce
à la télévision mexicaine que Florence
Cassez purgera sa peine (ramenée en appel à
60 ans de prison) au Mexique. Il indique de plus que les
conditions qui lui permettraient d'être transférée
ne sont pas réunies.
Le 30 août 2010, les avocats de Florence
Cassez déposent un recours en amparo reposant sur
15 violations de la Constitution et du Code pénal
mexicain dénoncées par la Française.
Le 10 février 2011, le septième
tribunal collégial en matière pénale
du premier circuit a statué sur ce recours. Il
a considéré que les délits attribués
à la plaignante ainsi que sa responsabilité
pénale correspondante étaient attestés.
Pour cette raison, les magistrats fédéraux
ont ratifié la sentence rendue par le Tribunal
unitaire en matière pénale du District fédéral
et ont déclaré non fondés les moyens
avancés par la défense de Florence Cassez
:
1° En ce qui concerne
le moyen selon lequel il nexisterait pas de certitude
sur le jour et le lieu de larrestation, le tribunal
le considère comme non fondé dès
lors que pendant sa première déclaration
Florence Cassez ne manifesta pas avoir été
arrêtée un jour avant ni avoir subi de pression
pour sauto-inculper, alors même quelle
disposait dun avocat et dun interprète.
2° En ce qui concerne
le moyen selon laquelle Florence Cassez aurait été
arrêtée de manière arbitraire, la
sentence définitive signale quil y eut bien
flagrant délit au moment de son arrestation, dès
lors quelle portait une arme à feu lorsquelle
fut appréhendée en compagnie dIsrael
Vallarta Cisneros.
3° En ce qui concerne
le montage télévisé que réalisèrent
les autorités fédérales pour annoncer
larrestation dIsrael Vallarta et de sa compagne
Florence Cassez, les magistrats fédéraux
considèrent que la sentence rendue par le tribunal
de seconde instance ne tint pas compte des vidéos
se basant sur les témoignages des victimes
et que leur diffusion naffecta pas le déroulement
du procès.
4° De même manière,
a été considéré comme non
fondé le moyen introduit par Florence Cassez selon
lequel elle navait pas été immédiatement
mise à disposition du Ministère public,
dès lors quau moment de sa capture, son amant
Israel Vallarta Cisneros avait prévenu les autorités
que les victimes de lenlèvement risquaient
leur vie si elles nétaient pas libérées
avant que que soit rendu publique leur détention.
5° Enfin, dans son jugement,
le tribunal collégial en matière pénale
précise que ne furent pas violés les droits
consulaires de Florence Cassez, dès lors que les
autorités essayèrent bien davertir
lambassade de France à México de larrestation
dune citoyenne française, mais sans que personne
ne leur réponde jamais au numéro indiqué
à cet effet.
En conséquence,
il a décidé de refuser l'amparo. Les voies
de recours étant épuisées en droit
mexicain, la peine à 60 ans de prison est confirmée.
À la suite de cette décision,
la mère de Florence Cassez demande l'annulation
de l'année du Mexique en France et « le boycott
de destinations touristiques au Mexique ». La ministre
des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie,
parlant de « véritable déni de justice
», annonce ne pas vouloir prendre part aux manifestations
culturelles prévues. Florence Cassez souhaite le
maintien de l'année du Mexique et qu'on profite
de la manifestation « pour parler de sa cause ».
Nicolas Sarkozy décide de dédier
l'année du Mexique à Florence Cassez, suite
à quoi le Mexique se retire des célébrations,
protestant qu'on associe un événement culturel
à « une personne condamnée par la
justice mexicaine », célébrations
prévues le 15 mars 2011.
Le personnel politique français dénonce
presque unanimement la position du Mexique et approuve
les pressions françaises à l'exception de
rares personnalités comme Christian Vanneste ou
Robert Badinter. Pour le premier « le respect dû
à la légitime fierté mexicaine, en
même temps que la prudence nécessaire pour
obtenir des résultats, ont cédé devant
une arrogance nationale que le Mexique a déjà
connue à l'époque de Napoléon III
», tandis que le second déclare : «
Plaçons-nous du côté cette fois-ci
du Mexique et des autorités mexicaines. Voilà
une jeune femme qui a été accusée,
jugée, condamnée. A tort ou à raison,
ce n'est pas à nous de le dire ».